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Volailles et palmipèdes gras

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L’agroforesterie sur les parcours

 

 

 

 

 

 

Qu’est-ce que l’agroforesterie ?

Il s’agit d’associer sur une même parcelle des arbres et des cultures ou des animaux.
Les parcours sont bien souvent considérés comme des surfaces réglementaires permettant aux volailles de sortir pour profiter du plein air. Ces surfaces agricoles, en partie sous-exploitées et peu valorisées, ont pourtant un rôle important dans l'équilibre de l'exploitation. L'aménagement des parcours par des plantations répond aux enjeux du développement durable dès lors que des pratiques adaptées sont utilisées.


Pourquoi planter des arbres ?
Pour le confort des animaux

Les arbres et les haies apportent de l’ombre aux animaux et les protègent du vent, le microclimat ainsi créé calme les volailles. L’alternance des zones d’ombre et de lumière favorise leur sortie.

Les aviculteurs témoignent :
 « On le voit, en période de fortes chaleurs, les poulets se mettent sous les arbres, à l’ombre. Ils semblent aussi moins stressés ».
 « L’ombre est indispensable pour le bien-être des poulets ».
« Les volailles cherchent à se mettre sous les arbres ».

Pour la performance technico-économique

Les performances en élevage sont améliorées par l’implantation d’arbres dans les parcours. Ceux-ci permettent en effet d’accroître le confort thermique des animaux, l’activité des volailles par une plus grande prospection du parcours et offrent une autre source potentielle d’alimentation (fruits, insectes...). Ces éléments sont favorables aux résultats technico-économiques.

Pour la prospection du parcours

La présence d’arbres améliore la prospection du parcours et favorise le comportement naturel d’exploration des animaux. Les volailles sortent davantage du bâtiment, ce qui réduit leur agressivité. Cette prospection permet de mieux répartir les effluents et limite les zones de fort piétinement.

Les aviculteurs témoignent :
« L’été, sans les arbres, les poulets ne sortent pas et cela favorise les comportements agressifs ».
« Les volailles vont beaucoup plus loin dans le parcours arboré».

Pour améliorer l’image de la production

Un mode d’élevage sur parcours de plein air amène une perception positive des consommateurs. Ainsi, l’investissement dans l’aménagement du parcours avec les arbres est rapidement amorti lors de la vente des produits.

Pour le bien-être de l’éleveur

Les éleveurs rencontrés nous ont exprimé une certaine satisfaction et du plaisir à travailler dans un parcours arboré. L’approche esthétique et le ressenti du producteur sont des aspects à considérer.

Les aviculteurs témoignent :
« Avoir de jolis parcours motive pour aller travailler ».
« C’est très agréable de travailler dans ce contexte, les arbres ont vite poussé, c’est vraiment joli ».

Pour une valorisation secondaire

La production secondaire possible par l’implantation d’arbres à moyen-long terme peut présenter un intérêt économique ou simplement une satisfaction personnelle par le ramassage de fruits, la vente de bois d’œuvre, de bois énergie ou de bois de chauffage. Aussi, les arbres se développent plus vite grâce aux déjections animales.

Pour valoriser les effluents et limiter leur impact sur l’environnement

Les déjections de l’aviculture peuvent être à l’origine de pollutions du sol ou de l’eau, notamment à cause des nitrates qu’ils génèrent. Le filet racinaire des arbres, souvent établi en profondeur, permet de capter ces éléments et de diminuer les risques de surfertilisation et de pollution des nappes phréatiques.

Pour se préparer au réchauffement climatique

Les éléments arborés créent un microclimat qui régule la température. Les journées de canicule et les tempêtes sont de plus en plus fréquentes, les arbres limitent l’impact de ces phénomènes tout en permettant de stocker du carbone.  


Comment planter ?

Adapter la densité d’arbre pour ombrager 30 à 40 % du parcours
Ne pas trop espacer les zones d’ombre - Il faut donner le choix aux animaux : ombre ou soleil. Différents aménagements sont possibles (en « bosquet », en « ilots », en « arbres isolés ou alignés » en « forêt claire »). Il semble par ailleurs préférable d’implanter les arbres en alignement.

Il est préconisé d’espacer les lignes de 14 à 25 mètres et les arbres intra lignes de 7 à 12 mètres pour atteindre une densité optimale de 40 à 60 arbres/hectare. Il est important de structurer le parcours pour permettre sa mécanisation.

NB : Pour les éleveurs qui souhaitent toujours déclarer leur parcours à la PAC, la parcelle doit porter moins de 100 arbres d’essences forestières/ha pour prétendre aux aides.


Sources : ITAVI, Arbre et paysage 32



Marie-Line GEORGET
Conseillère de la Chambre d'Agriculture de Tarn-et-Garonne